Le rap floridien, l’attitude, la dégaine, la différence.
Malgré un environnement socio-ethnique à la population « homme noir du ghetto » très dominante, le rap a toujours su faire de la place au petit blanc bec maigrelet et surtout un peu weirdo.

Pouya est né en décembre 94 à Miami et il m’a fait penser à la déboule de Nekfeu il y a deux années de ça, ça se passe au Rap Contenders et il affronte un gros renoi, pas d’allure, le mec arrive et met les gens d’accord grâce à sa maîtrise de la technique du spit de rimes arrogantes et menaçantes et l’effet d’étonnement produit par les horreurs qui sortent de la bouche posée sur un tel visage.

DASSWASSUP. On peut décemment pas s’appeler comme ça et perdre du temps avec des sujets pas sur le haut. J’affirme que Pouya est sur le haut de maintenant et de demain. Surtout pour un type dont le gimmick est « don’t sleep on me, hoe ».

Développant depuis un sixième de douzaine d’années une esthétique inspirée par le skate et le soleil, le rap de Pouya a l’air d’avoir été biberonné aux multiples seins des mitraillettes-flows des Bone Thugs’n Harmony et des musiques rappées dans les états situés entre sa Floride et leur Californie. Le résultat de cette hybridation donne une aisance déconcertante sur tous types de supports et une science du refrain un peu insolente.

Dans un souci de vulgariser votre connaissance du jeune homme, j’ai demandé à Koursky Lion, que vous connaissez bien maintenant (souviens-toi Opposition C, 420, …) – un monsieur qui lui a d’ailleurs refilé quelques beats, de concocter un minimix d’une quinzaine de minutes avec les couplets les plus emblématiques de sa toute jeune carrière:

1. Don’t Sleep On Me Hoe
2. Preacher (Holy Flow)
3. Death 4rm Da Triple Glock
4. Rip’Em
5. Feel Where I’m Comin From
6. Lyrical Saints
7. We Ain’t Joking (ft. Dizzy D)
8. Wake Up Call
9. Goofy Goobers
10. Homage

Et comme on est hyper concerné par les affaires d’actualité, on vous présente le garçon seulement quelques heures après la sortie de son dernier EP, intelligemment nommé ‘Baby Bone – Savage Life’ et qui décline sur 6 morceaux la palette de performance du blanc bec au duvet douveteux: