Il y a un siècle, pour joindre la France et l’Amérique du Nord, on devait faire tout un tas de trajets fastidieux. La plupart des jeunes de maintenant aurait probablement lâché l’affaire rapidement avant d’utiliser un télégraphe, l’aéropostale ou pire, devant les trois semaines de bateau pour traverser l’Atlantique.

Aujourd’hui c’est différent, on peut même constater que ce n’est pas exactement pareil. La faute à tout plein d’avancées technologiques, comme l’avion ou encore ce truc que tu es en train d’utiliser, qui te parait être naturel mais que tu mérites à peine tellement tu en fais un usage insultant : l’Internet du monde entier (ou worldwide web).
Grâce à ça, on voyage très vite et on peut discuter aussi rapidement avec son voisin de palier qu’avec l’autre bout du globe.
Et tout le monde n’est pas comme toi, certains en font bon usage, ça permet notamment de donner naissance à des projets artistiques d’un genre nouveau et dont je viens d’inventer le terme : les collaborations internet-continentales.

On a l’honneur de mettre en lumière l’une d’entre elles, assez improbable sur le papier, entre un jeune producteur de musiques de rap de Loire-Atlantique (France) et un non moins jeune rappeur de Floride (USA) : voici l’EP « The Promethazine Elevator », conjointement cuisiné à distance par Koursky Lion et Opposition C.

La recette est imparable : pour les beats, Koursky Lion pioche dans les samples de BO de vieux films d’horreur typés séries Z surmontés de grosses basses, de boîtes à rythmes des années 80 en pagaille et de cloches de vaches plutôt originaires du Midwest que de Normandie. Le tout est porté par une science de l’agencement qui ferait passer un ingénieur de chez Légo pour un Parkinsonien.

Côté rap, Opposition C, notre rappeur de Jacksonville (FL) revendique un style tout personnel, tantôt désabusé tantôt festif, comme son compère toujours hautement cinématique, qui emprunte autant aux univers de maitres du thriller type Hitchcock ou Stephen King qu’aux hallucinations délirantes des Tarantino et consorts. Le tout relevé par la science du rap des gens du sud des Etats-Unis, Outkast ou Lil’Boosie en tête de liste.

Le mieux avec la musique c’est quand même toujours de l’écouter, donc laisse-toi enivrer par les berceuses pour grands garçons concoctées par nos deux collaborateurs éloignés.

Et encore une fois merci au mec qui a inventé Internet.

@_LM_R

(originellement publié sur dasswassuppointcom)