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Ce qui est rafraîchissant avec le nouveau non-modèle économique de l’ère musicale post-internet c’est que l’on peut tomber sur des initiatives de créations tellement peu pensées pour le profit qu’elles en deviennent pures, sincères et émouvantes.

Depuis une vingtaine de mois se dresse en haut de cette catégorie le collectif Fusils A Pompe.

C’est par le biais d’un bête Tumblr et à un rythme à la précision neutre donc suisse que le collectif officie, lâchant leurs projets sur des cassettes digitales de plus en plus affranchies des normes et des codes étriqués du jeu du rap. Au gré des liens de téléchargement des projets et du succès qu’ils rencontraient, Fusils A Pompe s’est mué en un véritable label de qualité puis de talent-scouting, offrant une exposition et un écrin luxueux aux élus de ce think tank musicologique, emmené par une petite équipe de mâles autorecrutés sur les réseaux sociaux pour leurs bons goûts en matière de rap, allant par les pseudonymes de Pure Baking Soda, Damencio, Nemanja, Mr Maith et le graphiste Hector de la Vallée (auxquels on peut ajouter une brochette de membres non-officiels mais bel et bien affiliés, tels le (t)rappeur de Bondy Hype ou le producteur Roro, tous deux également membres de Grand Banditisme Paris, autre exemple de néo-label innovateur). Pour une présentation complète et sérieuse, se rendre sur le vilain site captchamag.net.


Roro – Peugeot 404 (extrait de Charles Pasqua Money Vol.1)

Partie d’une rime de Hype évoquant l’Eric Woerth Money au moment des scandales financiers dans lesquels la cravate de l’ancien ministre du budget trempait, la formule fait office de gimmick et de trait d’union aux différentes sorties de Fusils à Pompe, paradoxalement créées sans un centime d’investissement. L’argent d’Internet est à comprendre ici et pour le moment au sens de la reconnaissance éternelle des suiveurs de l’aventure et des artistes qui peuvent y gagner une exposition et donc un public potentiel.

Interrogés sur l’ambition qui les anime, Pure Baking Soda et Nemanja parlent d’une même voix de “viser l’excellence”, ils disent n’avoir pas d’autres ambitions que de “monter d’un palier régulièrement” et empocher cet argent d’Internet que tout le monde convoite.
A défaut et pour le moment ils continuent leur saga de l’argent des hommes politiques français qui donnent un nom à toutes leurs sorties, de Frédéric Nihous (pour le lien à l’armurerie) en passant par les parrains Charles Pasqua et Georges Frêche et jusqu’au petit dernier, le graveleux Felix Faure :

Cette dernière cassette est le fruit du travail collectif du Booty Call Records, un conglomérat de beatmakers & DJs tournés vers la fusion des styles Rap, Juke, Trap, Ghettotech, Footwork et tout ce qui te fait plaisir d’écouter en croquant tes Rice Krispies avant d’aller charbonner. On y retrouve des chansons de rap remixées dans cet esprit par le génial Kaptain Kadillac, DJ Kesmo, Leatherface et notre ami Dave Luxe.

Elle est accompagnée d’un goodie sous la forme de 80 planches sérigraphiées trois couleurs, disponibles au hasard des rencontres avec les membres de Fusils à Pompe et pour la somme ridicule de 5 pièces :
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A venir une collaboration avec Patrice & Friends, un Charles de Gaulle Money au contenu énigmatique et probablement une quantité d’autres cachotteries dans les tiroirs de ces nouveaux jeunes entrepreneurs de la musique moderne.

@_LM_R
(originellement publié sur dasswassuppointcom)