Obsession de la Hype et Session Hip Hop.

Cette table de ping pong en forme de porte pour illustrer la partie "Obsession de la Hype" du billet

Cette table de ping pong en forme de porte pour illustrer la partie "Obsession de la Hype" du billet

Hip OPsession a fêté son cinquième anniversaire cette année, ce festival nantais dédié à toutes les cultures liées au Hip Hop avait pris le relais du festival Energ’hip hop. Voici un petit compte-rendu de l’édition 2009, le meilleur, le plus objectif, le mieux écrit: le mien.

12/02: Ca débute par le traditionnel vernissage d’expo à l’espace culturel Pol’N, le crew M.A.C était à l’honneur et sans vouloir faire injure aux autres on ne retiendra qu’une oeuvre, ce tableau mettant à l’honneur notre Grand Vizir:

C'est affreusement infect.

C'est affreusement infect.

14/02: Les organisateurs du battle de danse intitulé BattleOpsession (qui prend de l’ampleur avec de plus en plus de level d’année en année et toujours un Lieu Unique archi bondé) avaient eu la bonne idée de faire appel à un groupe live spécialement venu de la ville de Don Johnson, Miami. Genre de brass band sous vitamines, le groupe Fusik a mis un sacré souffle à tout ce merdier composé de lecteurs de Libé paumés et enfarinés, de petites élèves de cours de danse Hip Hop ruraux, de b-boys surstylés (mais blessés pour le jam final) et de moi. Question palmarès, victoire en équipe des Mighty Zulu Kingz et de Kleju en solo.

18/02: J’esquive l’Open Mic pour cause d’allergie à l’exercice du gang bang de mic.

20/02: Je saute aussi la soirée « rap français » qui proposait une affiche à la cohérence limitée puisque Médine et Busta Flex se partageait la scène de l’Olympic, probablement un combat de t-shirt: Don’t Panik I’m Muslim vs Le Rap C’était Mieux Avant…Tout un programme.

21/02: EPFE (Erick & Parrish Font des Euros) – Strictly Bizness: excité comme une pute à l’idée de voir les légendaires Erick & Parrish, je me précipite à l’Olympic avec une belle bande de potes down avec le t-shirt de Busta Flex, on gueule à qui veut l’entendre que ne pas se rendre à ce concert, c’est insulter le Hip Hop. Pourtant le show est décevant, pas affreux non plus, d’ailleurs les avis récoltés sont plutôt positifs, mais si on rentre un peu dans les détails on ne peut que regretter un son dégueulasse balancé par un DJ qui n’était pas Scratch, un PMD quasiment inaudible, des couplets plutôt que des morceaux…La caricature du groupe américain en Europe. Bref, un concert Bugs Bunny (rapport à la carotte tout ça…). Une seule grosse vente de rêve pour les deux gros de Brentwood, avoir joué Rugged ‘n Raw de PMD. Erick & Parrish Font des Euros mais ne Font pas que des Heureux.

Heureusement il y a Findus et les fameux afters au Lieu Unique.  Cette fois c’était un morceau de choix: Grems & Troubl’, rien que ça. Alors bon, je pourrais vous dire que Troubl’ a commencé le set par un petit mix putassier, que Grems a déboulé les bras barriolés de tags suspects, d’une chemisette vichy bleue et blanche et qu’il était accompagné du beatboxer tourangeau NT4, que Troubl’ a plié le dancefloor en finissant la soirée par un set dubstep renversant, je pourrais vous dire tout ça, mais ce serait mentir un peu car je n’ai assisté à cette fin de soirée que par intermittence, tiraillé par la faim et le trop plein de mauvaises bières que j’étais. Mais j’ai la décence de ne pas parler de ce que j’ai survolé.

La preuve:

24/02: Ce jour là le bonhomme Michelin Freeman animait un atelier d’accompagnement scénique aux Dervallières, quartier « populaire » nantais. On peut dénigrer les qualités rapologiques de Freeman (et je suis un des plus virulents à ce propos) mais l’attitude de l’ex-membre d’IAM à cette occasion a été GeorgesAbitbolesque puisqu’il aurait reversé son cachet aux assos du quartier. Et ça, c’est une info exclusive, c’est tout à son honneur de ne pas communiquer sur ce genre de geste et tout au mien de la rendre publique.

25/02: Place aux quadras du Hip Hop, ceux qui te regardent de haut quand tu leur dis que tu n’étais pas sur le Bridge quand BDP le disait Over. Au Pannonica, (salle jazzy de la première ville d’accueil du jazz en France) nous avions droit à une affiche alléchante et cohérente: DJ Damage (et la formation en quintet Soul Clan) représentant les Jazz Liberatorz pour chauffer le public avant que la cultissime T-Love ne vienne faire swinguer son spoken word souriant et poétique dans nos oreilles consentantes. Malheureusement, cette salle est pourvue de sièges, certes confortables mais donnant à la soirée un aspect peu adapté à la musique proposée. T-Love s’en sortant mieux que le show Jazz Lib’ un peu trop figé et amputé des parties rappées sur disque. Personnellement, ça n’altérera pas l’excellent souvenir d’avoir refait le monde en vidant un teillon de rouge avec Damage et d’une T-Love m’ayant littéralement sauté dans les bras sitôt la seule phrase « i’m a huge fan » sortie de mes lèvres. Pas la force de rester très longtemps à l’after de Damagio, deux bières, juste le temps de prendre quelques minutes d’une sélection encore une fois parfaite du meilleur faiseur de mix français.

27/02: On commence à fatiguer de sortir tous les soirs, on aurait presque envie de faire l’impasse sur la soirée réunissant Ismael (jeune rappeur nazairien), Insight (de Boston) et Foreign Beggars (from LDN). On se mange une petite soupe aux légumes de chez nous et on part au Live Factory. On arrive un peu après le début de la prestation d’Insight qui fait dans l’excentrique sur scène gràce à quelques ustensiles peu courants dans notre cher genre musical: un paper-board pour expliquer ce qu’il raconte, du jus d’orange pour étancher la soif d’un public plutôt amateur de houblon, et une espèce de pad sans fil duquel il gère les beats. A défaut d’être extraordinaire, le show est donc surprenant et a le mérite d’être original. On attend patiemment le show des Foreign Beggars en clopant dehors et lorsque ça repart à l’intérieur avec les anglais, force est de reconnaitre une véritable boucherie hallal (pakistanaise). Un set composé de trois parties: d’abord plutôt classique Hip Hop un poil électronisant, puis un set dubstep durant lequel les derniers pulls quittent leurs propriétaires et une troisième partie Drum & Bass littéralement renversante. Mention spéciale au MC Orifice Vulgatron pour ce blaze et son énergie au mic et au DJ, DJ Nonames pour son blaze et pour son énergie aux 1&2. Un petit combo sympathique qui dans son genre n’est pas sans rappeler les grandes heures d’Asian Dub Foundation.

28/02: On arrive enfin à la Barakason pour la dernière soirée de cette quinzaine épuisante. Le traditionnel TKO, battle DJ à l’origine, qui au fil des ans regroupe de plus en plus de disciplines (on annonce la discipline du claquement de seuf pour l’année prochaine). DJ donc, Beatboxer et Beatmaker.

Palmarès. DJ: Raincut, Beatboxer: Skeud et Beatmaker: my man Yeno Beatz.

La soirée se poursuit dans cette même salle de Rezé par la prestation du mythique Jeru The Damaja. Un homme-sandwich pour le Hip Hop, un homme-sandwich pour la mal-bouffe avec son bide de femme enceinte de quintuplés au 11éme mois. Il déboule sur scène sans fioritures mais avec un set ultra rodé par le temps et des classiques à la pelle. Come Clean, Da Bitchez, Le petit Bonhomme à la mousse, autant de tracks produites par Premier qui se doivent de figurer dans toute anthologie qui se respecte et qu’il fait bon se prendre en pleine gueule, salive comprise. On pourra regretter un entrain beaucoup plus accentué pour interpreter ses nouveaux morceaux que les autres mais pas lui reprocher.

Le festival se clot avec l’after à l’AlterCafé, café équitable sauf les consos, les serveurs, les chiottes, les videurs. Equitables, ça veut dire tout le monde logé à la même enseigne: celle de sous-merde. Bref Djo derrière les platines accompagné de Shen Roc au beatbox et à la mise en ambiance puis retour de Jeru pour quelques sessions mic/promotion de son zizi. Vraiment un bon moment d’ivresse collective.

Voilà donc une bien belle édition en vérité. Pas d’annulation à regretter ce qui est à signaler. Du bon boulot effectué par les organisateurs (PickUpProd) et un taux de remplissage très bon (c’est à dire beaucoup de monde). Mes doléances pour l’année prochaine: la même avec la bière gratuite et une affiche réunissant M.O.P et Q-Tip en vedettes américaines, une soirée rap français avec les Sages Po, la Sexion Dassaut et mes gars du Dope Skwad pour les têtes neuves et je m’arrête là avant de me prendre à ce sale jeu.

PointMP3: Curren$y – Scared of Monsters.  Pour continuer à fêter le Hip Hop, ce track tout chaud du rookie Curren$y, apparemment produite par Monsta Beatz, qui nous gratifie ici d’une fréquence envoûtante et dans l’air du temps mais aussi bien branlée que si Mohamed Ali s’en était chargé lui même.

LeMaiRe.

Ps: Pour ceux qui souffrent de se demander en silence: la nouvelle bannière toute belle et flamboyante est l’oeuvre de la jeune graphiste parisiano-nantaise Mzel, que je ne saurais que trop vous conseiller de suivre attentivement (sauf au water).

Ps2: Et elle m’a couté un bras.