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La Poisse, par Banksy

La Poisse, par Banksy

It falls in fall. Quand je me parle en anglais ça signifie « ça tombe en automne ». Mais je pense qu’un anglophone dirait autre chose.

Ma tête c’est un bête outil google qui opère par traduction automatique. Il faut faire des Efforts pour communiquer les réflexions de mon cerveau aux autres, par exemple en parlant ou ici, en écrivant. Tous ces Efforts achèvent généralement de couper mes envies de communication, spécialement durant l’automne.
Période morose ou quand tout tombe: les feuilles d’arbres et d’impôts, les cheveux, etc parce que tout recenser, les bras m’en… Bref, on connait la rengaine. On n’a pas besoin de la météo pour tomber de sa chaise devant tant de banalités enfilées une à une sur nos belles chaînes de télé, ça a un nom qui vient de l’automne, ce sont les marronniers.
En automne le moral roule fatalement vers le bas, le moral c’est un peu comme la boule de flipper de Corynne Charby, ça peut monter, mais c’est voué à redescendre. En bon mouton, chez moi aussi ça descend sévèrement après l’été, je passe le plus clair de mon temps avec mon PES et mes Konamis, mon ordinateur et mes Cyberpotes. Au taf. Florilèges d’activités déprimantes. Un peu avec ma poulette mais pas assez. Je traîne mon mal-être mollement, je fais comme si j’avais des problèmes pour l’expliquer et puis j’en parle un tout petit peu à plein de personnes différentes. Si je réussissais à réunir les gens à qui je me suis confié au cours de ma vie dans une même pièce on pourrait savoir qui je suis, entièrement. Mais ça me coûterait un maximum de pognon en spiritueux. Qu’une seule personne sache tout, ça me semblerait une opération un peu présomptueuse, une lourde tâche à accomplir, des sacrifices à consentir et si il y a quelque chose que tous les gens qui me côtoient apprennent rapidement, c’est que j’aime pas beaucoup faire des Efforts.

Et l'enfant?

Et l'enfant?

LA COMPILATION D’AUTOMNE EN TROIS CLICS ICI

Les plus fidèles d’entre vous sont déjà en train de télécharger le dossier que je vous offre, ma sélection de cet automne en fait, les autres, quant à eux, devraient tenir un peu plus leur zigounette dans le slip, si vous voulez mon avis.
Cet automne ma compilation saisonnière sera sans direction ni thème précis, plusieurs fois faisant coutume. Je vous envoie pêle-mêle: du vieux (des beats de Premier), du nouveau (des beats de Premier) et même de l’exclu (pas de beat de Premier), à ce sujet, je tiens à remercier chaudement (mais vraiment avec des pulls en laine, une grosse écharpe et une doudoune) mes gens domestiques appelés Le Parasite et Dope Skwad pour leur baguette respective, qui sont toutes les deux so fresh.
Comme d’habitude, j’ai moi-même concocté un petit descriptif de chaque chanson qu’il convient idéalement de déguster concomitamment à l’écoute des morceaux chroniqués, mais je comprendrais que les réfractaires à la lecture sur internet et les auditeurs d’NRJ ferment cette fenêtre dès maintenant, ça me soulagerait également.

Plage par plage:

Jean Yanne (aka Johnny Rock Feller & ses Rock Child): J’aime pas le rock, 1961
Instant Drucker parce que c’est un peu mon Star 90 à moi: repose en paix Jean, oui je le tutoie et l’appelle Jean, il m’aurait appelé Romain, alors je vois pas de raison de pas l’appeler Jean. Jean disait ça pour dire l’inverse. Il était friand d’ironie-sarcasme-truc-machin, alors que moi pas du tout, mes intentions sont à prendre à un degré pile… Je suis pas comme Monsieur Yanne, je ne suis pas anarchiste de droite ni nihiliste de gauche, ni Nietzsche ni Ben Arfa, parce qu’on parle d’être le ver dans la pomme alors qu’on n’a jamais le verre loin de la paume.
Ainsi, je jure devant dieu (prenant pour l’occasion l’apparence d’un écran de pécé apparemment, quel caméléon…) qu’il n’y aura pas de rock dans cette sélection:
Enjoy, en joie

Bisc-1: When Electric NightFalls (Le Parasite remix), EXCLU
Version signée Le Parasite du morceau éponyme de l’album When Electric Nightfalls de Bisc-1, rappeur de la Grosse Pomme de type conscient et éveillé. Probablement concerné par la chute des cheveux lui aussi, et engagé dans la lutte contre les maladies graves et les conflits injustes.
J’aime bien ce titre, Le Parasite insuffle toujours ce truc complètement indescriptible dans ses productions, une sorte de bordel d’atelier électronique bien agencé. C’est un inédit.

Dope Skwad: Insomnie, EXCLU
Complètement secret n’en parle à personne t’entends? C’est d’ailleurs un premix donc il convient d’excuser la qualité du son pas optimale.
Les Belgian Unsigned Hype ever. On a préféré aller prendre James Deano (que j’aime plutôt par ailleurs). Moi je mise sur mes gars de Verviers et on fera le plus de bruit possible quand l’album Décadence sortira, prochainement, début 2009 j’espère. Ce morceau est une exclusivité d’ici. Vous reconnaîtrez le bon goût de ceux qui me l’ont confié. J’ai eu l’occasion d’entendre une grande partie de ce futur album et bien bêtes seront ceux qui le nieront comme si c’était un projet amateur de plus. D’ailleurs pour ne pas dévoiler aussi facilement les qualités de ce groupe, ce track est orphelin du secret le mieux gardé du rap francophone, Double A, ici suppléé avec brio par Veence Hanao, troisième par ordre d’apparence au micro.
OUI NOUS POUVONS!

X-Men: One One One, 1998
A l’époque où le rap français ne glorifiait pas encore toutes les drogues (nan, juste le beudo), les X nous filaient le tournis avec leurs métaphores filées et leurs idées brillantes d’images et de placements, inventeur du rap cinématographique en langue française, en quelque sorte. Cass et Ill, Ill est le meilleur rappeur français mais il souffre de fainéantise chronique et traîne donc un parcours rapologique un peu famélique. Dommage. Il a fait ‘Pendez-les’, on lui excuse tout.
« Donc je le fume comme l’encens et je deviens si fertile, que ces pédés d’mcs sont enceintes alors qu’ils baisent ensemble. »

Pas Pédé.

Pas Pédé.

L’utilisation du Funky Worm des Ohio Players
pour le sample est astucieux, le Funky Worm est tellement classique par contre qu’il serait salutaire de le connaitre car on ne peut raisonnablement pas se contenter de cet astucieux sample.

Jake One ft Black Milk & Nottz: I’m Coming, 2008
C’est comme si t’étais en 1963 et que Mick Jagger, Bob Dylan et Marvin Gaye, tous la vingtaine, s’étaient rencontrés pour faire un morceau ensemble. Mais en 2008. Pour moi.
Ceux qui pensent que j’exagère un peu parfois peuvent sortir, d’ailleurs dès lors leur présence n’est plus tolérée par Mon Régime. Trois des plus talentueux producteurs émergents, dont l’un prend le micro avec une facilité impertinente et un à-propos remarquable. J’aime beaucoup Black Milk, on va dire que c’est mon préféré. Autres raisons de se laisser tenter: ce petit extrait de dialogue halluCiné au début du track (déjà entendu chez mes chouchous, People Under The Stairs), je l’adore, cette boucle me rends joyeux généralement, la petite guitare JamesBondienne qui vient chatouiller l’intérieur de mes frêles oreilles aussi, j’aime pas trop les incantations pseudo-africano-maghrébines dans le refrain, mais ça c’est mon côté Rabat-joie (Maghreb/Rabat/Jeu de mot).

K-Otix: World Renown, 2000
Houston 2000 LA bombe. Chacun sait à quel point j’adore les boucles composées à partir de guitare sèche comme celle-ci, cette prod c’est un peu le maître-étalon de mon panthéon des boucles de guitare. Le top. La maître-étalon de mon panthéon, c’est peut être une contrepèterie, à toi de voir…

Jazz Liberatorz: Cool Down, 2008
Si je pars loin dans mes souvenirs, c’est grâce à DJ Damage (pierre angulaire des Jazz Lib’ ici présenté) que j’ai commencé à apprécier le Hip Hop comme une musique à part entière, avant je me concentrais sur les paroles et ce qu’avaient à dire ces abrutis de rappeurs, j’ai donc très vite fait le tour du tout-venant, ne restaient que quelques plumes à suivre attentivement. Tel un sauveur Damage a débarqué dans mon poste radio (il y a une dizaine d’années et à horaires presque réguliers sur la radio du polygame gourou d’appartement), puis sur mes bandes magnétiques TDK, il a retourné le truc dans l’autre sens en jouant le hip-hop le plus proche de mes goûts musicaux et maintenant à cause de lui, j’ai une Passion. Extrait du premier album des Jazz Lib’ hautement attendu. Cette plage-là est à servir fraîche avec deux ingrédients essentiels: sa basse placée plus haut qu’une barre de Serguei Bubka et son Raashan Ahmad sobre mais impeccable. L’album est dans ce ton.

The Breeders: Cannonball, 1993
Elles étaient couillues ces bonnes femmes-là. Bon Kim Deal on le savait déjà, elle se cachait pas derrière Frank Black chez les Pixies. D’ailleurs elle s’en était barrée à cause de leur manque de couille, ça te pose une gonzesse.
C’est pas récent je l’accorde, je compilerai du Madball dans 20 piges. Michel Drucker hostera la mixtape de l’automne 2028.

Ratatat: Wildcat, 2006
Il faut l’écouter mais surtout voir cette vidéo qui lui sert de B.O. non officielle dans mon coeur et dans celui de poulette.
Habituellement ça pétarade un poil Ratatat mais je voulais surtout parler de la vidéo. Pour dire que si tout le monde faisait ce genre de vidéo, il y aurait moins de tension dans le monde, je me dis ce genre de niaiserie quand j’ai trop bu d’optimisme. Ou trop fumé d’opium, mais ça arrive plus rarement.

Santogold: Superman, 2008
C’est une chanson pas mal pour se réconcilier avec l’être aimé.
Voilà, si j’étais mal au point d’envisager d’aller voir un marabout, je me ferais pas chier, je passerais cette chanson et j’attendrais patiemment le retour de l’être aimé. Je pense pas que ça marche pour réparer les motos russes par contre.

Teki Latex aka Tekitek: That Raven Freestyle, 2008
LA pointe de mauvais goût nécessaire à une sélection efficace. Pour que les gens puissent me dire qu’il y a un morceau particulier qu’ils ont pas aimé. C’est celui-là, je prends toujours chez TTC, vous avez remarqué?
« Ils » parlent de swagger à tort et à travers. Sur ce titre et depuis quelques morceaux, l’infect sosie de Kubiak est hostile et affreusement arrogant, comme un américain.
Beaucoup plus que cette marionnette de Cuizinier. Krang est derrière tout ça et actionne les leviers avec ses petits doigts roses, ça ne trompe personne, clair comme l’ascendance de Sarah Palin et de l’eau de roche. Américain-copieur, américain-voleur c’est lui. Il le fait avec malice ce gros malin. Il invente le concept de swagger plaintif, parce que Tekilatex, on l’admire mais on a pitié de lui, c’est physique. Quoi qu’il en soit, on aime (parfois courageusement) ou on aime pas, mais ça vaut le coup pour le texte introductif arrogant de faiblesse, nourri de références à la star du Dark Knight de Nolan.
« Mes pelures sont plus belles que vos fruits », soit on s’incline, soit on hausse les épaules. Ceux qui haussent les épaules seront incarcérés sous Mon Régime.
C’est comme si le joker demandait »Why so serious? » Et que le gars dans la bouteille d’Orangina Rouge lui retournait son fameux « parcccccequeeeeuuuuuuuuuuuuuuuuuh ».

The Clipse: Definition of a Roller, 2004
Ce morceau se trouve sur une mixtape consacrée à M.I.A, chanteuse anglaise de haut vol, et il réunit les Clipse sur un blend de Diplo, initiateur de la mixtape et architecte sonore du satané Paper Planes.
Je suis fasciné par les côtés mystérieux, inattendus et audacieux de ce blend. Je t’explique pourquoi:
Bon, on part du principe que tu es un jeune occidental, appelons-toi Jérôme, alors Jérôme grâce à ce morceau tu vas pouvoir observer vaguement à peu près toutes les couleurs que tu connais et à tous les niveaux de contraste. La retranscription musicale de la superposition de plusieurs arcs-en-ciel ou celle du patchwork de couleurs laissé sur le bitume par la dépouille d’un clown passé sous un Hummer Limousine.
Premièrement Jérôme, tu voyages, la boucle est trop voyageuse, c’est indéniable. C’est de la musique envoûtante comme Katmandou, avec une rythmique de type tribale, bon en fait si comme moi tu voyages pas trop loin, donc que tu connais pas trop les origines exactes des composantes musicales de ce morceau, tu pourrais croire que ces jeunes américains urbains sont dans un beau bordel, avec un peu d’imagination et si tu fermes bien les yeux.
Deuxièmement Jérôme, Pusha T est le meilleur rappeur de tous les temps. Mais il y a pas de mais.
Troisièmement Jérôme, le deuxièmement a suffi à te convaincre.
Comment ça, cette explication est brillante? Je le sais mais je te remercie de le souligner, Jérôme. Faut toujours avoir un Jérôme sous la main. Ca marche avec un Jonathan aussi.

Charles Hamilton: Brooklyn Girls, 2008
Il m’énerve lui, 20 ans pas un album de sorti et une cote de…maille. C’est un peu comme quand tu te rends compte que Tony Parker affiche un mois de moins que toi au compteur « années passées sur terre ». Ca rend envieux, voire aigri. Charles produit sa musique par un procédé plutôt répandu (fruity loops et quelques instruments si j’ai bien tout suivi) et le résultat est futuriste, parfois brouillon mais très prometteur. Pour brosser le portrait entièrement, on doit admettre qu’il est en train en quelques mixtapes de poser, d’imposer, son univers constellé de références à la con par une écriture unique, très imagée, en alimentant des théories intestables (Dieu est une femme, porter du rose en restant « no homo ») et en créant des mythes personnels (il se prend pour Sonic par exemple, le petit hérisson de Sega). Imaginatif et déluré mais pragmatique. Le 90’s baby rap tient son chef de file.
« Mama say mama sa mamamakosa/don’t make sense but it made this kindda hot« , j’adore cette ligne, il a raison depuis Manu Dibango et Michael Jackson on nous la sort celle là, ça veut rien dire mais ça pète. J’ai rien à dire mais ça pète. C’est ma définition de l’art.

Killer Mike: God in the Building, 2008
On peut dire ce qu’on veut, on peut croire en Dieu, ne pas y croire, mais généralement les gens de bon goût s’inclinent sur les déclarations d’amour à Dieu sur fond musical très bien foutu, je m’accorde moi-même à dire que le chant religieux le plus groovant est le negro spiritual. Certains s’inclinent même sans musique, mais on m’a demandé d’arrêter d’insulter les bouddhistes.
« The church ladies weep when they hear your man speak/they say they see God in me, but I’m in the streets/They ask me why I’m rappin’, tell me I’m called to preach  »
Du Gospel Gangsta Rap, ce morceau est une chapelle entière réunissant la famille.
Je dirais « si », si j’étais un pair à Tris’.
Tris’ comme je surnomme Tristan Bernard, voyons, un peu de culture, cet ab/ab classique notamment repris par Brassens et qui me sied tant, étant né en 1982,
mmmmh mmmmh:
« Peut-être que je serai vieille,
Répond Marquise, cependant
J’ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
Et je t’emmerde en attendant. »

Kelis: Bossy, 2005
En fait si on le présente comme ça, ça a tendance un peu à puer de la schnek. On a entendu ça en boîte et on a pas particulièrement accroché mais on aurait dû tomber sur ce morceau dans la bagnole en allant dans ce club (j’ai une théorie sur l’impossibilité d’apprécier de la musique en boîte de nuit en France, et une thèse sur l’importance de la dernière musique avant de quitter la caisse pour entrer dans l’ambiance, un budget limité et rarement envie de danser aussi, je reste souvent sur le parking).
Derrière l’étendard semi-moisi Kelis, se cache Shondrae « Bangladesh » Crawford concoctant ce qu’il convient d’appeler des beats ahurissants, son plus connu jusqu’à présent étant A Mili, pour les ignorants et les mecs de droite. Si on se penche bien on peut même entendre à la fin un feat de Too $hort, le rappeur le plus cool de tous les temps. Ce titre est en fait un remède à base de vitamines, elles mêmes à base de patate pure, grâce à ce morceau t’es en forme, ce titre peut t’aider à dépasser tes limites, il paraît que Usain Bolt écoute ce son quand il a envie de courir le plus vite du monde.

Cory Gunz & Ryan Leslie: Get Right Tonight, 2008
Quand je parlais du dernier son avant de se mettre dans l’ambiance, je faisais particulièrement référence à celui-là, downtempo mais patate. Présentation: le mioche de Peter Gunz (Lord Tarik & Peter Gunz), Cory, croisement entre Ronaldinho et Mafalda et détenteur de skillz d’internés au micro, capable de balancer quatorze mots par seconde et de répéter cet exploit sur plusieurs mesures, même s’il fait preuve de sobriété sur Get Right Tonight. Au refrain et à la production, Ryan Leslie, producteur très talentueux. Notre M.Pokora semi-national (on le partage avec la Pologne, c’est une garde alternée) ne s’y est pas trompé, lui achetant un beat dans ce qu’on appelle désormais « Pokoragate » aux états désunis.

Heltah Skeltah: Twinz, 2008
Sur D.I.R.T. leur dernier album. Le gros de leur carrière commune derrière eux, mais le duo s’en sort vraiment bien, grâce à des choix de prods peu évidents, parfois casse-gueule, mais audacieux. Le meilleur morceau de l’album.

Termanology ft. Bun B: How We Rock, 2008
J’ai un ami, surnommé Rookie (depuis trop longtemps pour que ce soit un surnom crédible) qui est très pointilleux et exigeant dans ses goûts. A un degré presque inquiétant.
Quand j’ai entendu Termanology la première fois, je me suis immédiatement dit que j’avais enfin trouvé un rappeur qui pouvait correspondre à ses critères extrêmement sélectifs d’appréciation des mc’s.
C’est pourtant une gageure. Termanology réunit beaucoup de qualités essentielles pour être irréprochable, il pèche un peu par son faible charisme mais sur ce titre, il a eu le bon goût de choisir un beat de Primo de très haute facture (probablement dans tous les sens du terme) et d’inviter mon tekzan préféré Bun B, aka l’aura Ingalls tellement sa voix impose qu’on la ferme.

Notorious B.I.G: Kickin’ The Door, 1996
Ils ont fait un film sur Coluche.
Ils vont faire un film sur la vie de Christopher « Biggie » Wallace, ça m’empêche de dormir la nuit.
C’est comme si on faisait un film sur…Bah nan, ils font des films sur tout, un fait divers, une histoire à acheter. Spielberg a même acheté un livre de Marc Lévy pour l’adapter, heureusement que ça n’est jamais sorti, on a eu chaud. Ca aurait été infect, j’imagine le truc avec Reese Witherspoon. Oh merde.
DJ Premier rendant hommage à Screamin’ Jay Hawkins, tu revois la pub Perrier
avec le lion et la meuf?
Ils auraient dû faire un film sur le modèle dramatique de cette pub mais avec la version de Biggie/Premier comme B.O. Un truc où la bouteille de Perrier serait remplacée par un AKA-47, un .45 ou un autre objet encore plus thug de fabrication israélienne, la colline par une montagne, le lion par des russes, la meuf par des américains. Avec Will Smith en ninja renoi pédé. Pour les quotas.

Vega:
« If you hear something late at night
Some kind of trouble. some kind of fight
Just don’t ask me what it was
 »
Biggie:
« All you heard was Popa don’t hit me no more »

Suzanne Vega: Luka, 1987.
Franchement elle me fait pleurer cette chanson, pourtant j’ai jamais été battu. Même pas à PES.

UGK: One Day, 1996
Avant tout une ballade. Triste ballade, comme la B.O d’un scenario d’Iceberg Slim sur une chanson des Isley Brothers mais reboostée au soleil et aux charleys texans.
Un duo lunatique :
Bun B raisonne fermement en rimes, déterminé.
« Sweet Jones  » Pimp C témoigne de ses luttes perdues face au fatalisme, assis au café Zola, déterministe.
Reste en paix Chad Butler.

Geto Boys: G Code, 2005
Rap-A-Lot tous les matins dans la salle de bain. Label approuvé par l’union française pour la santé bucco-dentaire. Surtout depuis que Fogiel aboie le matin sur Europe 1. Je vous cache pas qu’il y a Michel Drucker juste après et que c’est un exemple parfait de la théorie du double effet Kiss Kool. Si j’avais une voiture j’aurais trop envie de klaxonner en allant au boulot après avoir écouté les deux à suivre. Heureusement qu’il y a Rap-A-Lot.

Juvenile, Wacko & Skip: Nolia Clap (remix), 2004
Rap-A-Lot 4 Life. Pas loin d’être un label à 0 faute.
-Bonjour je vais prendre votre commande…
-Du dubstep, c’est possible? Je voudrais du dubstep m’dame.
-Oula, vous en avez déjà pris assez ce soir, j’ai l’impression.
-Un tout petit peu…
-Ah non! t’façon on a pas ça ici, le vrai dubstep ça file un sacré mal à la tête le lendemain, m’sieur.
-Oui je sais. Tout le monde sait. Vous avez quoi?
-Si le p’tit monsieur veut quelque chose de très consistant on peut lui faire goûter cette prod’ de Juvenile, c’est moins fort mais c’est plus fin que le dubstep. Essayez, ça va vous remettre les idées en place. C’est la maison qui offre.

Ils sont chiants avec leur dubstep.

Pour finir comme dans les émissions de Drucker, par une note de fraîcheur, cette anecdote sur Dimitar Berbatouffe (ça se prononce comme ça, je le sais j’ai habité avec une bulgare) recueillie dans le SoFoot de ce mois d’octobre:

« Pour apprendre l’anglais, Dimitar Berbatov s’est tapé la trilogie du Parrain en V.O. Dernièrement le Bulgare classieux des Red Devils a d’ailleurs révélé qu’il avait quelque peu copié le style d’Andy Garcia: « Beaucoup disaient que je lui ressemblais beaucoup. A force de me l’entendre dire, j’ai fini par adopter la même coupe de cheveux que lui, puis j’ai regardé comment il fumait pour tenir ma cigarette. Tirer une latte de temps en temps , ça peut pas faire de mal. »
Regarder le même film en boucle pendant des mois peut en revanche rendre complètement schizo
. »
So Foot, une lecture constructive si tu regardes le foot d’un oeil espiègle et cynique. Je le précise pour mes Konamis qui font centrer Gillonai en fin de match par manque de culture footballistique. Gillonai c’est l’avatar de David « Criminel » Ginola dans l’équipe Classic France de PES, le centre, c’est celui de la 92ème minute de France-Bulgarie 1993, juste avant le « Kostadinoooooooooooooov » de Thierry Roland, c’est qui Geanmeque?
Ceux qui aiment bien la sélection musicale objet de la page, mais pas tout et ceux qui n’aiment pas grand-chose me rendent heureux.
Ceux qui n’aiment rien ont bien raison, à partir du moment où ils n’expliquent pas pourquoi.
Ceux qui aiment le bon rap lisent déjà Gasface.
Ceux qui ont raison savent que le sport est bon pour la santé. Et ils font chier tout le monde avec ça.
Ceux qui n’ont pas une poutre dans l’oeil voient que Barney est gay, que Gourcuff est trop fort pour jouer en Ligue 1 Orange et que Dieudo est plus dangereux sans sa provoc’ révisionniste.
Ceux qui vont chez Ikéa le samedi ne sont pas agoraphobes.
Ceux qui aiment la bière sont ou seront gros.
Ceux qui serrent la main mollement ont quelque chose à cacher.
Ceux qui arborent fièrement une barbe j’en parle même pas, ils seront chauves.
Ceux qui préfèrent le poisson, mangeront quand même de la viande.
Amitiés à ceux qui n’aiment pas le fromage.

Ceux qui savent se taisent. Alors je l’ouvre.
Merci pour l’attention, à cet hiver.

Le Maire.
Pas Roger.

PS: LIL’CAMB & Vido Go »To-The »dard sont priés de faire une entrée fracassante dans ma vie en me communiquant un numéro de téléphone, je vais pas l’écrire en anglais et en espagnol non plus.

Oui pédé.

Oui pédé.